NOTIONS DE BASE: CHAPITRE 1


"Si je devais recommencer ma vie, je ferais les mêmes erreurs...
mais plus tôt !"
Groucho Marx



AU SOMMAIRE :
- la longueur d'onde
- l'antenne
- le ROS
- le TOS
- le coaxial


Au début on était tous nuls...

Vous ne pouvez prétendre progresser dans la technique des antennes si vous ne vous donnez pas la peine de prendre le temps d'assimiler avec certitude les NOTIONS DE BASE qui sont expliquées au début de ce site.
Il est illusoire de croire que vous pourrez vous lancer dans la construction d'antennes ou de parfaitement comprendre ce qui est écrit plus loin si vous n'avez pas fait l'effort de lire (et de relire) cette partie que j'ai laborieusement écrite à votre intention car elle est la clef de voute nécessaire à vos connaissances; elle a pour but de vous mettre en appétit pour vous pousser à aller chercher plus d'informations sur le Web et dans les livres. Le chapitre Bibliographie devrait vous y aider.
90% des OM qui zapperont pour aller directement à la fin du site voir les systèmes d'antennes à gain élevé que je vous propose d'étudier échoueront dans leurs tentatives de compréhension et de réalisation.
Ce site a été écrit (par un nul, pour les nuls !) pour vous proposer un cheminement logique, étape par étape, illustré par l'exemple, qui vous premettra d'acquérir les éléments incontournables à la réalisation d'une station d'exception sur 11 mètres.
Bonne lecture.


Pour l'installation d'une station, on aura besoin de connaître la longueur d'onde correspondante à la bande de fréquence de notre poste émetteur, afin de déterminer la longueur de notre antenne ainsi que celle du câble coaxial qui l'alimentera.


LA LONGUEUR D'ONDE :

















La longueur d'onde est la distance que parcourera le courant pendant un cycle à une fréquence donnée.

On représente la longueur d'onde par une sinusoïde.

F6crp









La formule est :

l = C / F

l "lambda" est la longueur d'onde en mètres
C est la vitesse de la lumière dans le vide soit 300 000 km/s
F est la fréquence en Khz

Tout de suite un exemple très simple, calculons la longueur d'onde pour 10 Mhz :

l = C / F = 300 000 / 10 000 = 300 / 10 = 30 mètres.

Pour info, la période T est le temps nécessaire à l'établissement de la sinusoïde :

T (s) = 1 / F (Hz)

T = 1 / 10 000 000 = 0,000 000 1 s
Cela veut dire qu'en 0,1m seconde sur 10 Mhz le courant aura parcouru 30 mètres.

Et pour la fréquence qui nous intérresse ?

F = 27,500 Mhz alors l = C / F = 300 / 27,5 = 10,91 m
T = 1 / 27 500 000 = 0,036ms
La période est de 0,036m seconde et la longueur d'onde mesure donc 10,91 m.

La vitesse de la lumière utilisée dans les bouquins est de 299 793,077 km/s (ARRL), nous prenons C = 300 000 par convention. La différence sur 27,5 Mhz est d'environ 1 cm, ce qui vous en conviendrez est tout à fait négligeable car nous n'utilisons pas un fil infiniment fin qui devrait rayonner sur une seule fréquence, de plus, cela nous facilite grandement les calculs !

En ce qui nous concerne, nous installons nos antennes non pas dans l'espace, mais sur terre et le milieu diélectrique (isolant) est l'air, où C est "ralentie" de 5%.
Ainsi pour tailler correctement une antenne onde entière sur 27,500 Mhz on devra tenir compte du Facteur de Vélocité FV:

FV air = 0,95

l = (C/F)xFV = (300/27,5) x FV = 10,91 x 0,95 = 10,36 m

Vous voyez que le simple fait d'avoir changé de milieu diélectrique a modifié la longueur électrique de l'antenne. Nous verrons plus loin que pour les lignes d'alimentations (coaxiales ou twin-leads) nous devrons impérativement inclure le FV dans nos calculs.

Jusqu'ici pas de problème insurmontable, le calcul de la longueur d'onde est une division et appliquer le facteur de vélocité est une simple multiplication : ceux qui s'attendaient à des formules complexes doivent être rassurés...


Petite mise au point en passant:

Lorsque j'écris plus haut que la vitesse de la lumière dans les bouquins est de 299 793,077 km/s (ARRL= American Radio Relay League) c'est parce que c'est cette vitesse qui était retenue jusqu'alors dans les ouvrages de référence et c'est à partir de celle-ci que les cotes des antennes vous sont donnés dans les abaques car ils ont été écrits il y a fort longtemps et sont réédités sans modification...

C'est en 1883 que C a été modifié par le système international d'unité à 299 792,458 km/s dans le vide et c'est cette dernière valeur qui est donc juste par définition (jusqu'à quand ?!).
Ceux qui prétendent qu'il faut utiliser la valeur exacte pour nos calculs n'ont absolument rien compris, et n'ont probablement jamais installé d'antennes (la plupart ignorent le FV de l'air de 0,95!) car même avec les calculs les plus poussés il faudra retoucher notre antenne pour la règler parfaitement (car nous sommes des OM serieux) puisqu'une fois sur le terrain elle sera influencée par l'environnement ce qui entrainera parfois des réactions surprenantes !...
Pourquoi ne pas tenir compte de la température de l'air et de la dilatation des matériaux pendant qu'on y est ?!

Les FV de l'air et des lignes de transmissions sont aussi des valeurs approchées, car cela dépend de l'altitude, de la pression atmosphérique et de l'humidité de l'air pour le premier, et j'ai lu que les FV des lignes étaient justes à +/- 3% en sortie d'usine et comme en plus les câbles vieillissent, vous m'avez compris !...
Ces débats stériles qu'entretiennent des grincheux prétentieux qui n'ont rien d'autre à faire, me font irresistiblement penser à ces technocrates qui prétendent nous apprendre à travailler alors qu'ils sont toujours restés le cul vissé dans leurs fauteuils !
En -500 avant JC, Confucius disait: "quand quelqu'un montre la lune, l'imbécile regarde le doigt !"

Essayer de faire comprendre le monde passionnant des antennes aux novices n'est pas chose facile, loin s'en faut, cela demande de la patience, de la persévérance et surtout de l'honnêteté, aussi j'ai du mal à accepter que des blaireaux incultes s'amusent à semer le doute dans les esprits avec des prétextes capilotractés et fallacieux.

Pour se simplifier la vie nous prenons donc par convention C = 300000 km/s et cela nous permet d'obtenir un très bon résultat sans se prendre la tête !

Il est essentiel d'aller de l'avant et pour moi le débat est clos.





L'ANTENNE :


























L'antenne est le dispositif de transition entre le milieu à propagation guidé (le coaxial) et l'espace diélectrique à propagation libre (l'air).

Cette phrase parait complexe, mais en fait il n'en est rien. Il s'agit de vous faire comprendre que l'énergie qui sort du transceiver passe dans le coaxial, par exemple le RG8U (FV=0,66), puis change de milieu, l'air (FV=0,95), par l'intermédiaire de l'antenne.

Une antenne est un dispositif qui transmet et/ou reçoit des ondes électromagnétiques (ou ondes hertziennes). L'antenne est en général un dispositif résonnant qui fonctionne sur une largeur de bande relativement étroite, on doit l'accorder sur la même bande de fréquence que le poste de radio sur lequel elle est connectée, car autrement, on déteriorera la transmission et la réception.

La longueur du brin rayonnant à une influence directe sur l'impédance de l'antenne :

Voici la courbe de l'impédance complexe en fonction de la longueur de l'antenne:

F6crp





















- L'axe horizontal définit la composante résistive de l'impédance de l'antenne R.
- L'axe vertical définit la composante réactive de l'impédance de l'antenne +/- Jx.

L'impédance Z d'une antenne sera donc toujours de la forme :

Z = R (+/- Jx)

En fonction de sa longueur,
une antenne va tantôt se comporter comme un circuit série (condensateur + self) lorsque la réactance est négative,
tantôt comme un circuit parallèle lorsque la réactance est positive.

Dans cette abaque, à 0,5l et à 1,5l on trouvera une résonnance pour laquelle la réactance est égale à zéro.
A 1l on trouvera une anti-résonnance pour laquelle la réactance est aussi égale à zéro.


Cela paraît un peu complexe de prime abord, mais c'est la base de tout système d'antenne.


Pour info la fréquence de résonnance F0 (F zéro) est le moment où le circuit est accordé

et ou la réactance XC = XL l'inductance

Il se produit alors un phénomène de "surtension" (il y a plus d'énergie produite que celle qui est fournie par l'émetteur) que l'on appelle le coefficient de qualité Q.
Malheureusement plus Q est élevé et moins on a de bande passante B car :

B = F0 / Q

Cela signifie en pratique que plus on cherchera à avoir de gain sur une antenne plus elle sera "pointue" et moins elle aura de bande passante (nombres de canaux couverts pour un Ros inférieur à 2, d'autres la définissent à -3dB de gain).

Pour avoir un transfert d'énergie efficace il faut que les impédances du poste, de la ligne de transmission et de l'antenne soient identiques. Tout défaut d'adaptation d'impédance ou de longueur se traduit par l'apparition d'ondes stationnaires.





Ondes stationnaires









Ondes progressives


Le ROS (Rapport d'Ondes Stationnaires), est le rapport entre impédance terminale Zt de la ligne (la charge) sur l'impédance caractéristique Zc (la source).
Comme c'est une fraction, le ROS est toujours égal ou supérieur à 1.

ROS = Zt / Zc

Exemple:
Une antenne a une impédance de 200W, elle est connectée à notre ligne de RG8/U 50W :
ROS = Zt / Zc = 200 / 50 = 4

Une antenne a une impédance de 20W, elle est connectée à notre ligne de RG8/U 50W :
Nous savons que le ROS doit toujours être supérieur ou égal à 1, donc nous inversons la fraction :
ROS = Zc / Zt = 50 / 20 = 2,5

La valeure maximale de ROS généralement admise pour la sécurité du matériel est 2.
Le ROS ne provoque pas d'interférences sur les télés puisqu'il les diminue en réduisant l'énergie transmise pour le rayonnement de l'antenne !!!

Le ROS n'est pas le résultat du bon ou du mauvais fonctionnement d'une antenne, il indique seulement si le système est adapté ou pas en impédance.

Attention, le ROS a la même valeur tout au long de la ligne, seule l'impédance de la ligne varie en fonction de sa longueur.

Le TOS est le Taux d'Ondes Stationnaire, c'est le rapport :

Tension Réfléchie / Tension Transmise x 100

C'est donc le pourcentage de la tension qui n'est pas rayonnée :
- un ROS de 1   =  un TOS de 0%, toute l'énergie est rayonnée (moins les pertes en lignes)
- un ROS de 1,5 =  un TOS de 4%
- un ROS de 2   =  un TOS de 11%
- un ROS de 3   =  un TOS de 25%
- un ROS de 4   =  un TOS de 36%
Vous comprenez donc pourquoi ça m'agace toujours lorsque j'entend dire "Zut! j'ai un TOST(?!) de 2 !! " :
cela ne signifie vraiment rien !!...




LE COAXIAL :
























Des lignes de transmissions qui sont utilisées en HF, le câble coaxial est le plus répandu car probablement le plus pratique. Mais cela en fait malheureusement l'élément, pourtant essentiel de la station, totalement ignoré par la quasi totalité des OM.

Le coaxial n'est pas à utiliser comme un tuyau d'arrosage que l'on couperait à la va-vite, déroulerait sans précaution et qui serait en ordre de marche dés que l'on ouvre le robinet !

Voici la répartition du courant dans la ligne de transmission:






Sur cette image, la ligne mesure 3 x 180° = 3 x (FV) l/2

Le coaxial est un guide d'onde, c'est à dire que sur toute sa longueur les sinusoïdes vont se succéder de l'émetteur jusqu'à l'antenne, il va ainsi être le siège de courants, de perturbations et d'ondes stationnaires, et comme tout cela varie, cela fera varier d'autant son impédance en différents points de sa longueur.

Voici le circuit équivalent à la ligne coaxiale:





Le coaxial est représenté comme une suite d'inductance série et de condensateur parallèle, ce circuit ressemble beaucoup à un filtre passe bas, ceci explique en partie pourquoi l'atténuation de la ligne augmente à mesure que l'on monte en fréquence.

On obtient les 50W équivalent à l'impédance caractéristique du coaxial (RG8U pour l'exemple) tous les 180° soit (0,66 l/2), et uniquement à ces points là.
La transition coaxial / antenne doit être effectuée avec le maximum de précision pour avoir le maximum de rendement : c'est la condition sine qua non pour avoir une station performante.

Comme nous l'avons vu plus haut, une période est formée par la succession de 2 ondulations, une positive et une négative, si l'on ramène la seconde période en la faisant tourner au point d'origine on forme un cercle, ce cercle d'une longueur d'onde l fait 360°, le demi cercle fera (l/2) 180°, le quart de cercle (l/4) 90°...

Voici le cercle équivalent à la longueur d'onde:

F6crp






Pour utiliser le cercle équivalent à la période de la fréquence on tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre en partant de la droite. Vous l'aurez compris, le cercle ne représente que les deux premières ondulations de cette image, la troisième est là pour faire joli !...

Ce principe trés simple est important pour bien comprendre la répartition du courant dans les lignes ou les antennes et il sera très utile pour les déphasages avec lesquels je vous proposerai de travailler plus loin.

Si vous ne possédez pas un analyseur pour tailler votre câble coaxial, vous pouvez le faire avec un calcul très simple. Pour aller du poste à l'antenne il vous faudra comme on l'a vu plus haut un multiple de 1/2 onde en tenant compte du facteur de vélocité du coaxial :

Pour 27,500 Mhz en RG8U (FV=0,66):

(0,66 l/2)= 0.66 x 10.91 / 2 = 3,60 m

Cela veut dire qu'en 0.036m seconde sur 27,500 Mhz, le courant aura parcouru 7,20 mètres pour faire une longueur d'onde dans le coaxial (2 x 3,60m).

Pour alimenter correctement l'antenne dont la fréquence centrale sera 27,500 Mhz, le coaxial (RG8U) devra avoir une longueur totale de 3m60 (mini) ou 7m20, 10m80, 14m40, 18m, 21m60, 25m20, 28m80, 32m40, etc...
C'est seulement à ces points là que l'on aura une impédance de 50W équivalente à l'impédance caractéristique du coaxial RG8/U au borne du transceiver (sic) ARRL.

Si vous devez intercaller des appareils, Rosmètre/Wattmètre, ampli ou autre, placez les selon ce principe. Il ne faudra pas les connecter avec ces rallonges de 50 cm que l'on trouve trop couramment dans le commerce, car vous désaccorderez la ligne.
Sinon, faites la mesure de contrôle dont vous avez besoin, et ensuite enlevez tout, car plus vous aurez d'appareils (inutile la plupart du temps) et de connections, plus vous aurez de pertes en lignes et de chances de désaccorder le coaxial : vous aurez donc moins de rendement et donc une mauvaise station.
Dans le cas d'un ampli, c'est pire(!), car en ayant une longueur inadaptée pour votre rallonge, vous créez des ondes stationnaires qui menaçent le PA de votre poste et vous risquez de produire harmoniques, saturations, modulation dégueulasse et enfin de "baver" abominablement en hétérodynant les fréquences environnantes...
En bref, tout ce qu'il faut pour être apprécié à votre juste valeur !

Si vous désirez vraiment utiliser un ampli (vous avez compris que je ne suis pas pour), il vous faudra une rallonge de 3,60 m moins la "longueur électrique" de l'appareil soit 40 ou 50 cm voire plus pour les grosses couscoussières (1,14 m pour le BV 135 (merci à Raphaël)) : le but étant, quoi qu'il arrive, de toujours conserver une longueur de ligne qui soit un multiple de 1/2 onde des bornes du poste à celles de l'antenne en tenant compte évidemment de la longueur électrique des appareils connectés.

On trouve la longueur électrique des appareils que l'on souhaite connecter avec un analyseur ou alors en coupant le coaxial, cm par cm, jusqu'à retrouver la valeure initiale de l'accord au borne du poste.

Je ne sais pas d'où viens cette mode, pour faire de la CB, de mettre une boite d'accord au cul d'une antenne 27 Mhz du commerce, c'est d'une stupidité ébouriffante, cela ne sert à rien (si ce n'est à engraisser les commerçants les plus avides) et neuf fois sur dix elles sont connectées avec des rallonges inadaptées : c'est superfétatoire, virez-moi tout ça !

Cette manie qu'ont les OM de vouloir des cadrans partout et des boutons à tripoter me sidère car c'est totalement improductif !

Vous avez sans doute remarqué que les postes des dernières générations sont équipés d'un Rosmètre intégré, il faut l'utiliser, il vous donnera la valeur exacte du ROS au borne du tranceiver, ce n'est pas la peine d'en utiliser un autre.
Selon le coaxial le Facteur de Vélocité varie, il faudra se référer aux indications du constructeur.


Voici un tableau des caractéristiques des câbles coaxiaux les plus courants:

NOM: US / FR
impédance (W)
diamètre (mm)
FV
pertes(dB)/100m à 28Mhz
prix/m (euros)
RG58/KX15
50
5
0,66
8
0,75
KX15 DB
50
5,9
0,66
6
0,90
H 155
50
6
0,79
4,9
1,00
RG59/KX6
75
6,1
0,66
6,2
0,80
RG8/KX13
50
10,8
0,66
3,6
1,50
CB 11 F
52
10,3
0,65
3,6
1,50
RG11/KX8
75
10,3
0,66
4,2
1,90
RG214
50
10,8
0,66
3,5
2,50
RG213/KX4
50
10,3
0,66
3,6
1,80
RG213 FOAM
50
10,3
0,8
2
3,00
H 100
50
9,8
0,85
2,2
1,50
H 1000 pope
50
10,3
0,83
2
1,80
H 2000 flex
50
11
0,83
2
2,80
Aircell 7
50
7,3
0,83
3,7
2,00
Aircom
50
10,8
0,85
1
3,00


Nota:
- vous avez compris que les prix sont indicatifs, car ils varient selon les fournisseurs
- certaines caractéristiques varient selon les sites, par exemple le RG214 a parfois plus de pertes que le RG 213 (!) et comme mes ouvrages de référence ne parlent pas du RG214, je compte sur vous pour corriger le tir !
- le câble est un maillon très important de votre installation, et utiliser un coaxial faible perte n'a rien d'idiot surtout si sur votre descente depuis l'aérien est importante: réduire de 3dB les pertes sur votre tronçon permettra à votre antenne de rayonner 50% de puissance en plus, et c'est valable aussi pour la réception.
Je ne comprends pas pourquoi certains OM s'entêtent toujours à utiliser du 6mm, ce sont des économies de bouts de chandelles.


Le câble coaxial est le meilleur ami de l'opérateur :
On utilise souvent ses multiples qualités pour faire des condensateurs, des transformateurs d'impédances, des circuits bouchons, des chocs-baluns, des trappes, des lignes de déphasages, etc...


En taillant le coaxial en multiples de demi-onde (FV x l/2) le transciever "verra" directement l'impédance de l'antenne (la charge), ainsi on adapte l'impédances ce qui nous permet d'avoir un bon transfert d'énergie, un bon facteur Q et donc un bon rendement.
Un point c'est tout !
C'est l'antenne qui, une fois alimentée correctement, transformera dans de bonnes conditions cette énergie en rayonnement, et ce, quelle que soit la longueur de l'aérien (1/2, 5/8, 7/8)...

N'oubliez pas que l'impédance du coaxial varie en fonction de sa longueur, on ne peut donc pas faire n'importe quoi et pour preuve: on utilise par exemple le quart d'onde coaxial en transformateur d'impédance (nous le verrons plus tard avec les groupements Push-Pull).


J'ai tenté d'expliquer ici les raisons pour lesquelles il est intéressant, pour le fonctionnement optimum de la station, de prendre le temps de tailler soigneusement le câble coaxial, mais je n'oblige personne à le faire et surtout pas les habituels grincheux qui à la vue de la 1ère équation venue ont un malaise et affirment qu'ils font de la radio depuis au moins 40 ans(!) sans jamais avoir taillé le moindre coax ni même ouvert "l'antenna book de l'ARRL" !
Je ne me prends plus la tête avec ces intellectuels car effectivement ça marche quand même, et l'antenne finit toujours par rayonner un peu d'énergie, ouf!
Maintenant que vous avez les éléments en mains, faites comme vous le sentez, vous avez les moyens d'optimiser au mieux le facteur Q ou de vous en foutre, vous êtes le maître chez vous !!


Remarque importante en passant:
certains adaptent l'impédance des antennes quart d'ondes des voitures Z=36W (ou toutes celles de toutes les antennes qui ne sont pas à 50W) en taillant cm par cm le coaxial pour diminuer le ROS...
Mais est-ce que ça fonctionne vraiment ?

Rappellez-vous: l'impédance Z = R (+/- Jx)
c'est la somme de le résistance et de la réactance.


Voici maintenant un extrait de l'excellent site de F6crp que je ne cesse de vous recommander si vous souhaitez approfondir vos connaissances:
F6CRP

//////////////////////////// Début:

























sur l'axe X, la longueur de la ligne observée sur la 1/2 longueur d'onde et exprimée en degrés.

En vert: la réactance
en rouge: la résistance

Analyse :

le ROS est constant et égal à 3.
la résistance et la réactance varie continûment.
la réactance est capacitive de 0 à 90° puis devient inductive de 90 à 180°
le graphique ne le montre pas mais dès lors qu'une réactance se manifeste, un déphasage tension courant apparaît.

Ces courbes montrent que l'impédance varie continûment. Ces transformations d'impédance sont dues à la ligne de transmission qui est fermée sur une impédance différente de son impédance caractéristique.
Le ROS est constant et égal à 3.
Où que l'on insère le ROS-mètre, il devrait afficher la même valeur, ce qui étant donné la qualité de appareils de grande diffusion, ne sera certainement pas le cas.
Ceci pourra induire en erreur l'opérateur expérimentateur qui lisant une augmentation ou une diminution (fausse) du ROS pourrait être amener à penser qu'il a réalisé une bonne adaptation ce qui n'est absolument pas le cas.
Les différences de résistances, de réactances, de phases tout au long de cette demi-onde font que le courant et la tension dans la ligne ne sont pas constants, ce sont nos fameuses ondes stationnaires. Pour vous en convaincre, notez la valeur de la résistance quand la réactance s'annule pour un angle de 20° et qui est de 15 W et de 70 W à 160°.
On imagine facilement que le courant et la tension sur deux valeurs de charges différentes ne seront pas égaux.


//////////////////////////// Fin.

Dans cet exemple de F6crp on voit bien que le coaxial taillé à la demi-onde montre l'impédance de 150W de l'antenne au transceiver et que le ROS est constant et égal à 3 puisque 150/50=3 !
Dans le cas de l'utilisation d'une antenne qui aura une impédance autre que celle de 50W on aura donc interêt à adapter l'impédance en utilisant un transformateur adapté et non pas en taillant le coaxial cm par cm... CQFD !

Ceci démontre aussi que si vous utilisez un coaxial 75W pour alimenter une antenne de 50W et qu'il est taillé strictement en multiples de demi-onde (FV x l/2) à la résonnance, le transceiver verra directement l'impédance de l'antenne et le coax sera "transparent".

Cette particularité permet d'envisager qu'il peut être très utile, si l'on a une ligne particulièrement longue (plusieurs centaines de mètres) pour alimenter une antenne dont l'impédance est adaptée à celle de l'émetteur, d'utiliser par exemple une ligne bifilaire de très faible perte avec un FV très élevé (0,95) pour une impédance caractéristique de 150 ou 300W en la taillant strictement en multiples de demi-onde (FV x l/2) à la résonnance et en utilisant deux Baluns...

Qu'est-ce qui vous empêche maintenant d'installer une antenne sur le sommet de la montagne d'à coté ?!...



Maintenant un peu de calcul pour se détendre!

QUIZZ N° 1

Afin de pouvoir vérifier si vous avez compris les quelques notions de bases évoquées dans cette première partie, je vous propose de faire quelques exercices trés simples, qui permettront d'une manière légère et ludique de valider les acquis. Surtout ne nous prenons pas au sérieux même si l'effort porte en lui le germe de la récompense !...


1-a : Quelle est la fréquence du courant fourni par EDF ?
1-b : Quelle est sa période ?

2-a : Quelle est la longueur d'une 5/8 d'onde résonnant sur 27,000 Mhz ?
2-b : Quelle est la longueur de 180° de ligne coaxiale (RG8/U) qu'il faudra utiliser pour l'alimenter ?

3-a : Quelle est la réactance d'une antenne longue de 3,5l ?
3-b : Quel sera le Ros si on connecte une antenne dont l'impédance est de 36W à un coaxial CB 11 F ?



Fin de cette première partie, elle était certes un peu théorique, mais il en faut un minimum pour comprendre l'environnement dans lequel vous évoluez. J'espère que cela vous aura intéressé.
Vous pouvez utiliser le Livre d'Or pour poser des questions, faire des remarques et me faire corriger les erreurs que vous aurez relevées (nobody's perfect !).

Bons contacts !


14 D9 TC Yves Lyon


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